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Nos ballades tranquilles à vélo dans la Drôme, en Provence et ailleurs pour profiter de la nature, des paysages et des rencontres imprévues

Le blog du Vélo pépère

Nos ballades tranquilles à vélo dans la Drôme, en Provence et ailleurs pour profiter de la nature, des paysages et des rencontres imprévues

Pépères dans l'extraordinaire vallée de la Méouge

com

  Toute cette nouvelle aventure se passe au coeur des Baronnies provençales.

 

meouge2010.jpgLes gorges de la Méouge vers le pont Romain

 


 

     fontaine.jpgLes mardi 23 et mercredi 24 août 2010, nous nous offrons une balade pépère princière : La Vallée de la Méouge depuis le Buech dans les Hautes-Alpes en remontant jusqu'aux sources situées sous le Col de Macuègne dans la Drôme. Notre première étape nous mène au pied du Mont-Ventoux dans la ville thermale de Montbrun les Bains. Le retour, le lendemain, nous fait passer dans les Gorges d'Aulan, avant de rejoindre notre point de départ à l'entrée des Gorges de la Méouge.

 

Belle fontaine et lavoir de Séderon


 

de Châteauneuf de Chabre à Montbrun les Bains : 45 km et 600 m de montée

 

Col de Macuègne     Le mardi, nous partons tranquillement du gîte étape de Châteauneuf de Chabre vers 10h du matin, il ne faut pas trop brutaliser la mécanique. D'ici, nous montons tranquillement dans les gorges rocheuses. C'est magique, il n'y a pas raison de se presser. Par grande chaleur, pour éviter de faire souffrir nos jambes, nous les trempons régulièrement dans la rivière toute proche et nous mouillons le chapeau. La technique est vraiment utile lorsque le thermomètre dépasse les 30 °c. Toute cette belle journée, nous allons monter le fil de l'eau par Barret, Ballon, Lachau. Tous ces villages sont vraiment très tranquilles et les voitures sont plutôt rares. Enfin à Séderon, après avoir fait le plein de nos bidons à la fontaine du village, il nous faut nous confronter à la difficulté de la journée, le Col de Macuègne, à environ 1100 m. d'altitude. Comme nous sommes "vélo-pépères", nous sommes aussi très rusés. Le col est beaucoup plus facile par la face Est (5 km, D+ 300 m) que la face Ouest (10 km, D+ 600 m). Autrement dit, notre choix de faire une boucle dans le sens des aiguilles d'une montre a été finement étudié pour éviter l'ascension du col dans le côté le plus court !!! La descente sur Montbrun les Bains par Barret de Lioure est également un grand moment : le paysage est grandiose avec le Mont Ventoux en point de mire.

 

ventoux.jpgLa descente sur Montbrun avec le ventoux dans la brume

 

chateaulachau.jpg

 

Encore un beau château de village, celui de Lachau au dessus le la Méouge

 

 

Montbrun les Bains, Gorges d'Aulan et retour à Châteauneuf : 54 km et 500 m de montée

 

chateaumontbrun

 

Le vieux château en ruine de Montbrun les Bains

 

     A Montbrun, surprise, il a une fréquentation touristique assez intense. La station thermale a entièrement été rénovée il y a seulement 4 ans et c'est devenu un lieu est très à la mode. Les campings affichent presque tous complets. Nous trouvons une place au camping municipal pour notre petite tente, les deux vélos et la chariotte. Notre nuit réparatrice est bercée par les cris du hibou petit duc.

Mercredi donc, nous montons avec difficulté les calades du vieux villages jusqu'au fameux château qui domine le village. Le château a été rendu célèbre par un roman de Pierre MAGNAN, "La folie Forcalquier". Une partie de l'histoire de ce livre se passe en effet dans les thermes et dans le château de Montbrun. A la sortie de Montbrun, la petite route des gorges d'Aulan monte sec par endroit. Cela ressemble un peu aux gorges de la Restonica, version préalpes calcaires ... En haut des gorges, le château d'Aulan a été remarquablement restauré depuis 30 ans. Le comte d'Aulan doit être fier de cette renaissance. Passé le col d'Aulan, nous tombons sur le village de Mévouillon. Nous y sommes accueillis par le vol du circaëte Jean-Leblanc, qui est un aigle mangeur de serpents. Pause thé au col de Gresse, nous sommes content car les principales ascensions de la journée sont terminées. A Villefranche le Château, nous tournons à droite par la piste d'atterrissage des parapentistes et nous rejoignons Séderon par la piste de Rieu. Cet imprévu est très sympa, à faire évidemment en VTC.

gorgesallan

Le petite route qui monte les gorges vers le château d'Aulan longe le torrent du Toulourenc

 

allan.jpg

 

Le château du comte d'Aulan

 


 

      Ainsi, cette magnifique journée a vélo se termine dans une longue descente vers les Gorges de la Méouge. Le meilleur moment de la journée est le bain un trou d'eau de la rivière, dans une eaux idéale à 23-24° ; c'est une belle récompense pour cette chaude journée. Au retour au gîte de Châteauneuf, nous partagons un excellent repas préparé par notre hôte. Que demander de mieux ! Nous sommes des champions de la ... vie.

 

baigneur

 

Fin de balade ...


Petits vélos
... ludique !

 


 

Pour en savoir plus sur le parcours, voir Openrunner.profil-meouge.jpg

parcours-meouge.jpg

Carte du parcours de deux jours de la vallée de la Méouge et profil

 

 

  Pour en savoir plus sur la Méouge

 

 

     La rivière Méouge a un parcours, d’ouest en est, d’environ 40 km. Elle est située dans l’extrême sud-est du département de la Drôme. Elle prend sa source dans ce département, au pied de la Montagne d’Albion, sur la commune de Barret-du-Lioure, au quartier de la Combe à environ 1000 m d’altitude et elle s’écoule entre les montagnes de Chabre, de la Palle, de Chanteduc et du Riable. Elle traverse le village de Séderon, chef lieu de ce canton. Après s’être grossie du ruisseau de Villefranche, du ruisseau d’Eygalaye (qui vient d’Izon-la-Bruisse) et du ruisseau de Lachau (l’Auzance qui vient d’Eourres), elle entre dans le département des Hautes-Alpes où elle se jette dans le Buech sur la commune d’Antonaves, entre Laragne et Ribiers. Cette rivière, caractérisée par son eau bleue turquoise, présente beaucoup de similitudes avec la rivière Roanne (affluent de la Drôme).

      Paradoxalement, son nom « Méoujo » signifie en Provençal l'eau qui a la couleur du miel.  Il peut y avoir deux explications à cette évocation du miel. En effet, au moindre orage, l’eau se charge des argiles marneuses des versants drômois du Séderonnais. L’eau prend instantanément une coloration « chocolat », donc pas véritable celle du miel. La seconde explication qui nous paraît plus plausible est la coloration caractéristique des cascades de tuf qui jalonnent les Gorges de la Méouge, notamment sur la commune de Châteauneuf-de-Chabre. De multiples petits affluents de la Méouge, alimentés par des sources très chargées en carbonate de calcium, déposent ici des concrétions calcaires formant à chaque fois comme des écoulements de miel. La conjonction des couleurs de son eau turquoise et couleur du miel des tufs confèrent à la Méouge un pouvoir attractif magique et envoûtant. C’est un lieu propice à la redécouverte d’une nature belle et sauvage.

 

La coloration de l’eau de certaines rivières Drômoises comme la Méouge, la Roanne et la Drôme est très variable. Lorsque des crues, elles se chargent en galets, limons et argiles venus de tout leur bassin versant. Elles deviennent alors brunes « chocolat » au moment des hautes eaux. Les crues sont généralement de courte durée, quelques journées tout au plus. Une semaine après, l’eau ne transportent plus que les éléments les plus fins : les argiles marneuses. Elles viennent des marnes calcaires du Diois ou des Baronnies, et notamment de la vallée de la Roanne et la Haute-Vallée de la Méouge. Ces marnes sont grises, noires et bleutées ; ce sont elles qui donnent entretiennent de longues semaines la turbidité de la rivière, dans laquelle la couleur du ciel se reflète. C’est en avril-mai, à la fonte des neiges, qu’elles prennent leur plus belle couleur, on dirait presque de la peinture bleue turquoise ; c’est magnifique !

 

 

Les gorges de la Méouge

     Au printemps, lors que le niveau d’eau le permet, la Méouge constitue une belle descente pour le kayak sportif. Mais pour la plupart d’entre-nous, le site est plus souvent fréquenté par les promeneurs adeptes de randonnée et de la baignade. Lieu privilégé de chaleur et de lumière, les Gorges de la Méouge sont un lieu réputé pour la qualité de leurs eaux et par la beauté de son site.

Un violent orage méditerranéen, et la Méouge devient un torrent fougueux et puissant qui dévale le lit creusé au fil du temps... Dans les gorges, le parcours sinueux de la rivière fait 7 km. Les blocs rocheux tombés des falaises ont été roulés par les crues torrentueuses. Ils forment d’énormes galets de plusieurs dizaines tonnes. La rivière a sculpté le rocher, les dalles, les trous d’eau, les rapides et cascadent succèdent à de petites plages de sable ou de galets. L'eau a remarquablement travaillé le calcaire strié et coloré, en se dessinant un parcours tout en courbe. Le Banc du Bouc, par exemple, forme une presqu’île déserte que la rivière embrasse sur une grande partie de son périmètre.

Le petit pont médiéval à trois arches, appelé « Pont Roman » sur les cartes IGN, témoigne d’une occupation ancienne de ces lieux. Les gorges sont le passage obligé entre la vallée du Buech et les Baronnies. Autre témoin, les ruines du moulin de l’Infran (barrage à rappel), emporté par une crue en 1901 et le canal du moulin d’Antonaves, situé sur la rive droite entre le pont roman et le village. 

       Pour découvrir les gorges de la Méouge, on peut venir en train jusqu'à la gare de Laragne et continuer son chemin à pieds ou a vélo. C’est par ce moyen qu’on pourra en apprécier la richesse, la beauté et la naturalité. Pour les randonneurs pédestres, il existe de nombreux parcours balisés sur le site, notamment au départ du pont Roman, d’Antonaves et de Saint-Pierre-Avez. Ces parcours permettent de faire des boucles qui traversent les gorges et les plateaux au dessus de la rivière.

 

 

Les prairies humides de la plaine alluviale entre Séderon et Lachau

 

      La Méouge et ses affluents alimentent des prairies humides à grandes herbes de Ballons, au nord, à Lachau, au sud. Le Jonc à feuilles aplaties (Juncus anceps) côtoient le Cirse de Montpellier (Cirsium monspessulanum) et la Sanguisorbe officinale (Sanguisorba officinalis). Cette dernière, une plante aux fleurs pourpres groupées en tête dense, est l’hôte d’un beau papillon bleu. L’Azuré de la sanguisorbe (Maculinea telejus) peut se délecter de son nectar mais surtsymflabeaurieres.jpgout, une grande partie de son cycle de vie est en relation avec cette rosacée. La femelle pond ses œufs, de préférence, dans les inflorescences latérales de la pimprenelle en boutons. Les chenilles s’y développent en mangeant l’intérieur des fleurs. Après un certain temps de croissance, elle tombe à terre où elle est récupérée par une fourmi spécifique. Installée dans la fourmilière, la chenille finit son développement en se nourrissant des œufs et des larves des fourmis hôtes. En contre partie, la chenille sécrète du miellat. Les fourmis sont très friandes de ce liquide sucré. Tout cela pour qu’un beau jour, enfin, un beau papillon d’un bleu clair brillant prenne son envol.

Sympétrum jaune d’or

 

L'Azuré de la sanguisorbe est donc fortement dépendant de son environnement, c’est pour ça qu’il est si rare. Autres insectes remarquables, l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale) dans les canaux de drainage et le Sympétrum jaune d’or (Sympetrum flaveolum) dans les quelques mares temporaires sont deux libellules apprécient l’ensemble naturel humide formé par la rivière Méouge et ces petits affluents,  et les zones humides riveraines comme les mares, les canaux, les fossés, les prairies inondées.

 

telejus.jpg

L"azuré de la sanguisorbe sur sa plante hôte

 

coemernovembre.jpg


Les peuplements d’oiseaux de la plaine de la Méouge sont assez remarquables. Des oiseaux, devenus rare ou disparu du reste de la Drôme, nichent encore dans un agri-système encore respectueux de la biodiversité : engoulevent d'Europe, bruant fou, bruant ortolan, pie-grièche écorcheur, pie-grièche à tête rousse, alouette lulu, bruant proyer, hibou petit-duc, huppe fasciée … etc. Il y a quelques années, l’hirondelle rousseline a même été découverte nicheuse dans une ancienne citerne près de Sederon (Voir l’atlas « Oiseaux de la Drôme » publié par la Ligue pour la Protection des Oiseaux de la Drôme en 2003).

La vallée de la Méouge reste un des écrins de nature les mieux conservés de notre département de la Drôme. On y trouve encore des rivières proches et sauvages avec des écrevisses, des cultures traditionnelles avec des oiseaux rares et des papillons, une qualité de paysages exceptionnels … Située au cœur du futur parc naturel régional des Baronnies, la Méouge est une rivière magique qui appelle à la communion avec la nature.  

Agrion de mercure

 

 

  Ondes :

C'est une rivière merveilleuse qui coule en moi,

Ondes lumineuses et riantes qui m'éclaboussent,

Ricochets de bonheur qui rebondissent à l'infini,

C'est le courant de la vie, c'est ... l'amour !


Poème de Princesse Liane, 12 juin 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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philippe 28/10/2010 13:36


Bonjour
nous avons 3 photos minables hélas car notre Canon est tombé en rade!!! alors que les couleurs dans la descente du col de Macuégne sur Montbrun, c'était canadien... et la gorge d'Aulan où elle est
la plus étroite, c'était un festival de rouges, de jaunes or et plus des érables. Plus le chamois. A cette altitude ça nous a paru incroyable, mais la paroi au-dessus est élévée et propice à leur
habitat.
On ira sur l'Eyrieux à l'Ascension. Continue à donner de belles idées de balades. Très cordialement, ceux que le cycle amène,
Philippe et Sylviane


vélo-pépère 02/11/2010 06:46



Nous somme bien heureux avoir partager un peu de bonheur commun à quelques semaine d'écart.


Gaétan et Liane



Philippe 27/10/2010 19:03


nous venons de suivre ce magnifique itinéraire ces mardi et mercredi fin octobre: un enchantement des couleurs, pas de vélos! peu de véhicules! un temps radieux et cerise sur le gâteau, un chamois
qui buvait dans la gorge d'Aulan!!!
merci pour cette balade, que du bonheur.


vélo-pépère 27/10/2010 19:10



C'est très émouvant pour nous de voir des amateurs de vélo tranquille suivre nos traces. Merci pour vos
encouragements et bravo ! Avez-vous quelques photos de votre ballades ?