Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 10:26

      Le pari cette balade est de faire un parcours réputé pour les grands sportifs, mais avec un VTC, des sacoches et tout le temps qu'il faudra ... bien entendu, la chose fait peur a priori, du fait du dénivelé de cette joyeuse journée, près de 1500 m depuis le petit village de Mane, situé à 35 km plus au sud.

 

luresommet1.jpgIl y a deux ans, l'idée même de monter au sommet de Lure paraissait farfelu au vélopépère que je suis !

 

cartesommetlure.jpgCliquez sur la carte pour agrandir

 

ou utilisez le lien suivant : http://www.openrunner.com/index.php?id=1107350 comme accès direct au parcours.

 

     Le chemin entre Mane et Saint-Etienne-les-Orgues est très agréable et n'offre pas de difficulté. Cependant, lors de cette belle journée de la mi-juillet, le mistral est de la partie. Aussi, il faut un peu lutter vent debout. Il nous faudra une bonne heure pour arriver à Saint-Etienne. C'est ici que commence l'épreuve de vérité ! La route D113 est une route "moderne", c'est a dire qu'elle a été tracée par un ingénieur qui a voulu optimiser les efforts des moteurs des voitures. Si bien, que la pente est très régulière, autour de 6 %. La difficulté du parcours, c'est que le cycliste n'est pas une machine ! Cette ascension n'offre aucun répis, elle est intraitable et longue (18 km). Aussi, nous décidons à mi-parcours de faire une halte salutrice à Notre-Dâme de Lure, célèbre chapelle située exactement à 9 km de Saint-Etienne.

 

monteejour1.jpgMise en jambe : monter à N.D. de Lure

 

nddelure.jpgnddeluremoyen.jpg Avant ND de Lure, il y a une fontaine, c'est bon à savoir !

nddelurededans.jpg

Chapelle de N.D. de Lure, située à mis parcours vers le sommet de Lure

 

 

     Après un courte halte, autant bénéfique au corps qu'à l'esprit, l'ascension reprend. Ici, la suprise est plutôt mauvaise, le raidillon se durcit très franchement. Notre moyenne horaire chute de 8 km/h à 6 km/h ! Nous sommes vraiment loin des moyennes des coureurs sur-vitaminés du Paris-Nice qui montent à 26 km/h !

A la station de Lure, la température chute également brutalement, pour atteindre 14°c., ce qui avec le fort mistral est vraiment frais. Nous buvons un coup au bistrot de la station (bistrot ouvert toute l'année, 7j sur 7).

Après la station, la route devient plus sympa et le moral est bon. Le vent aussi ! Arrivé sur la crête sommitale, nous mettons la veste et les casquettes volent. Ici le mistral dépasse les 80 km/h !

 

Après un gentil pique-nique à l'abri d'un rocher, soulés par le soleil et les magnifiques paysages drômois et provençaux, nous prenons le chemin du retour. La descente est abordée follement, puisque nous atteindrons les 65 km/h au niveau de la station de Lure. Bien entendu, nous avons été doublé à la montée par tous les cyclistes munis de vélos plus léger et plus rompus que nous aux exploits sportifs. Mais, qu'importe ! Nous voulions juste démontrer que les vélopépères sont parfois également efficaces, même s'il prennent tout leur temps.

 

bornedusommet.jpg

 

Enfin le sommet ! 1736 m. d'altitude et un mistral qui fait voler les casquettes !

 

sommetpicnic.jpg

La pause pique-nique est bien méritée

 

 

 

L’alexanor (Papilio alexanor) est un «porte queues» Il est jaune avec cinq bandes transversales noires. Il ressemble un peu au machaon et au flambé.

 

alexanor2011.jpglardier.jpganemarilardier.jpgArrivée sur le beau village de Lardier

rocherdongles

Village du Rocher d'Ongles

 

 

     Le 2 juillet 2011 sur les hauteurs de Lardiers (sur les pentes de Lure), nous apercevons un très beau papillon au bord de la route, certainement un flambé dit Anne-Marie. Nous nous arrêtons pour faire une photo et surprise, c'est une alexanor tout frais !

 

      Cette espèce est rare en Europe. Elle est localisée au sud-est de la France, au nord de l’Italie et le sud de la péninsule Balkanique. Sa période de vol est courte, fin juin -début juillet. Il aime les pentes calcaires sèche et chaudes où il trouve la modeste plante nourricière des chenilles, le Ptychotys saxifraga. Les adultes sont souvent observés sur le centranthe, jolie plante dont les fleurs rouges regorgent de nectar. Selon Jean-Pierre Vesco, « L’alexanor est un papillon des milieux pionniers. Il suit en cela les préférences de sa plantes nourricières le Ptychotis saxifraga, littéralement « qui casse les pierres » ; ce qui en dit long sur les préférences écologiques de celle ci. Cette plante squelettique, bisannuelle stricte, ne vit en effet que dans les lieux régulièrement remués, et toute colonisation végétale, même faible, la fait disparaître irrémédiablement jusqu’au prochain bouleversement du sol. Il s’adapte à la dynamique de son habitat et ses capacités de bon voilier, même chez la femelle, lui permettent de coloniser à nouveau rapidement une région favorable en suivant les voies de pénétration naturelles que sont les rivières et les ravins, ou celles, artificielles, des chemins et des routes. Sur la courte période des trois semaines que dure sa vie, chacune des femelles aura pondu, dans son milieu, plus de 100 œufs. Il est bien évident que ce ne seront pas 100 papillons qui vont en sortir. Tout au long du développement, de multiples dangers le guettent, mais ni plus ni moins que pour les autres espèces. Les chenilles grossissent rapidement et sont en 15 jours déjà au troisième ou quatrième stade. C’est alors, que se produit un phénomène particulier à cette espèce : le cannibalisme. Au milieu de leur développement, les chenilles de l’alexanor sont prises d’une brusque fièvre ambulatoire et parcourent en tous sens les ramifications de leur plante, à la recherche de la concurrente potentielle qu’il faut à tout prix éliminer. Les chenilles se transforment en chrysalides en septembre. Elle ressemblent alors à des petits éclats de calcaire, posées dans les pierriers. »

 

      Dans le Drôme, l’alexanor était autrefois relativement fréquent dans les montagnes du Diois et des Baronnies. Mais, j'ai constaté que les données récentes sont très peu nombreuses : seulement 3 données après 2000 sur les 144 que comportent notre base de données dite entre amis . Ca fait peur !

 

Bergeries en pierres plates de Lure

     Autrefois haut lieu de pastoralisme, la montagne de Lure concentre un grand nombre de bergeries, édifiées pour la plupart au XIXe siècle, avec les pierres bien plates trouvées sur place. Ces ensembles pastoraux reflètent une technique de construction hautement maîtrisée dont témoignent les coupoles en encorbellement du Jas de la Gardette (voir les photos) ainsi que les voûtes clavées des Chapellanes ou de la plaine des Clapiers, qu'il est intéressant de découvrir. Nous avons laissé nos vélos à Saumane, le bergerie de la Gardette est à une heure de marche depuis le village.
bergeriebrouillard.jpgbergerieseptembre.jpg
Bergerie de la Gardette (Saumane) en juillet 2011 et septembre 2009

Par vélo-pépère - Publié dans : Balades provençales
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