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Nos ballades tranquilles à vélo dans la Drôme, en Provence et ailleurs pour profiter de la nature, des paysages et des rencontres imprévues

Le blog du Vélo pépère

Nos ballades tranquilles à vélo dans la Drôme, en Provence et ailleurs pour profiter de la nature, des paysages et des rencontres imprévues

La force tranquille est passée par l'Estrop et le Laverq !

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      Nous voulons profiter de cette fin d'été 2010 pour faire une belle balade de 3 jours en montagne. Comme monter à plus de 2000 m - à vélo - n'est pas de notre niveau, nous allons faire une exception et faire une randonnée pédestre. L'objectif principal est de rejoindre le refuge de l'Estrop à 2050 m et de s'approcher de la Tête de l'Estrop qui est le plus haut sommet du massif des Trois-Évêchés, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence (04). Dominant la Provence de ses 2 961 m d'altitude, cette montagne constitue en quelque sorte une limite climatique entre les grandes Alpes et la Haute-Provence. La Bléone, rivière qui passe par Digne les Bains, prend sa source au pied de la Tête de l'Estrop.

 

  arriveerefuge.jpgLe refuge de l'Estrop dans son écrin de montagne

 

 

Refuge de l'Estrop (lien sur le site du refuge)

       Le Refuge de l'Estrop est un refuge, gardé en été, qui propose un service de restauration d'un très bon niveau, malgrè l'isolement du site. En effet on accède au refuge (y compris pour son gardien) par un sentier balisé après une ascension de 850 m de dénivelé. Nous avons donc profité, il ne faut pas manquer une telle occasion, d'alléger le sac à dos pour une rando de 3 jours. Nous recommandons donc chaudement ce beau refuge !

 

 

Premier jour : Remontée de la vallée de la Bléone

 

 

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Ferme des Hulottes à Jausiers dans l'Ubaye

 

      Avant notre grand départ pour la rando, nous avons également passé une bonne nuit au calme dans la chambre d'hôte "La Ferme des Hulottes" dans la vallée de l'Ubaye. Avec une telle qualité d'hébergement, on aurait envie de rester un mois dans ce lieu magique situé au pied du fameux col de La Bonette-Restefond.

 

      Après le magnifique village de montagne de Prads Haute-Bléone, nous garons notre voiture au parking (comme  de nombreux randonneurs) du Lac des Eaux-Chaudes à environ 1200 m d'altitude. Le pic noir, oiseaux des forêts montagnardes, nous accueille de ses cris plaintifs. De là, la piste longe la Bléone jusqu'aux chalets de la Combe. A partir de ces chalets, le sentier devient étroit et escarpé pour monter à la cascade de la Piche. L'ascension est raide, aussi nous mettons la pédale douce. Au lieu des 3 heures annoncées pour atteindre le refuge, nous mettons 4h30 + 1h pour le repas. Les baliseurs du sentier n'ont pas l'option "rando-pépère" dans leur prévisionnel.

 

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La Bléone, un torrent qui prend sa source dans le massif de l'Estrop (La Combe)

 

passagecascade

Passage aérien dans les gorges de la Bléone (Pas de la Piche)

 

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Le roi des papillons, l'apollon (Parassius apollo) au Jas de la Piche (1800 m)

 

     Le seul passage un peu délicat est le Pas de la Piche, un peu vertigineux. Sans problème par temps sec, cela doit devenir compliqué par temps humide ou avec des névés. Ici, nous nous attardons pour faire des photos d'un grand papillons mythique, l'apollon. Dans les temps anciens, Apollon était aussi considéré comme le dieu protecteur des troupeaux. Les brebis de la vallée auraient bien besoin d'une intervention divine car le loup est bien présent en ce moment autour de l'Estrop. L'apollon est un grand papillon d'une envergure de 35 à 40 mm. Les plantes-hôtes sont essentiellement des plantes succulentes de la famille des Crassulaceae, comme les orpins  et les saxifrages. Nous avons de la chance de voir ce beau papillon un 3 septembre, car habituellement la période de vol est de juin à août.

 

     L'arrivée au refuge de l'Estrop est tranquille et nous y passons une bonne nuit réparatrice. Nous y rencontrons le berger qui ce jour là était préoccupé par les attaques répétées du loup. Attirés par les cadavres de moutons, 5 vautours fauves tournoient autour de la Tête de l'Estrop.

 

Second jour : Du refuge de l'Estrop au refug du Laverq

 

      C'est la grande étape de notre rando : 600 m. de montée et 1200 de descente ! De plus, c'est la partie vraiment montagnarde, car le passage entre la vallée de la Bléone et la vallée du Laverq n'est pas si évident que cela. Le sentier figurant sur la carte IGN est d'ailleurs un peu énigmatique par le Glacier de la Blanche. En fait, il existe un sentier plus facile passant par la Baisse de la Petite-Barre. Fort heureusement le gardien du refuge nous donne cette information très importante pour rejoindre les Eaux-Tortes et ensuite le prochain refuge. C'est plus facile, par temps sec et beau. Attention par mauvais temps, c'est certainement une autre aventure.

 

sentierpetitebarre

Parcours balisé en rouge en direction de la Tête de l'Estrop puis en jaune vers la Baisse de la Petite-Barre ne figurant pas sur la carte IGN (cliquez sur la carte)

 

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Baisse (col) de la Petite Barre à 2735 m d'altitude 

 

     Le passage de la Petite Barre nous permet de faire un peu de botanique et l'ornithologie. Nous sommes survolés de près par les vautours fauves, les grands corbeaux, les chocards à bec jaune et le faucon crecerelle. De jolies petites fleurs étonnantes sont présentes dans les marnes pierreuses du col :

- La benoîte rampante qui forme des têtes de poupées. Cette benoîte d’altitude pousse dans les éboulis rocheux. Elle se propage en déployant des stolons.
- La bérardie laineuse qui étale ses grandes feuilles là où rien d'autre ne pousse. Cette plante très prestigieuse a été recherchée et étudiée par de nombreux botanistes. Elle est assez commune dans le sud des Alpes où elle se rencontre dans les éboulis calcaires et schisteux.

- La Linaire des Alpes qui pousse dans les milieux hostiles et pauvres comme les pierriers. Ses fleurs mauves et oranges empêchent toute confusion. Sa tige et ses feuilles sont bleues-grisâtres.

- L'adénostyle des Alpes : cette adénostyle est carastéristique des éboulis calcaires humides et sous-bois de hêtres et de sapins. Son inflorescence est composée de belles fleurs roses.

 

 

petitebarre.jpg

 

Descente spectaculaire dans les marnes vers la vallée du Laverq

 

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  L'Adénostyle des Alpes (Adenostyles alpina)

 

 

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  La Linaire des Alpes (Linaria alpina) également appelé muflier des Alpes ou gueule-de-lion des Alpes

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  Benoîte rampante (Geum reptans)

  berardia.jpg

 

Bérardie laineuse (Berardia subacaulis) composée archaïque endémique des Alpes sud-occidentales

 

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"Vise" le refuge du Laverq est en bas !

 

      Après une grande descente dans les marnes, où nous croissons 7 chamois, nous arrivons dans la magnifique zone humide d'altitude des Eaux-Tortes. Ce marais est alimenté par le glacier de la Blanche, glacier empierré le plus méridional des Alpes françaises. Pour plus de détails, voir l'inventaire du ministère de l'écologie (ZNIEFF) et la fiche NATURA 2000 du site "Dormillouse-Laverq".

 

eauxtortes

Magnifique zone humide des Eaux Tortes à 2250 m d'altitude 

 

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Couple d'Aeschne des Joncs, la seule libellule vue sur les Eaux Tortes en cette fin de saison 

 

 

Troisième jour : Col de la Séolane

 

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  Vallon du Laverq en montant au col de la Séolane

 

      Nous passons la nuit au refuge du Laverq (non-gardé en septembre) : Refuge du Laverq.

Au col de Séolane, nous sommes accompagnés par deux chamois et une espèce rare : le crave à bec rouge. Ce corvidés se distingue de chocard par son cris plus grave et son bec rouge. Les deux espèces ont les pattes rouges.

 

      Le retour à notre voiture laissée à Méolans-Revel se fait tranquillement par le col de la Séolane. A l'arrivée, nous sommes fatigués mais très heureux de cette fantastique balade menée sur un rythme pépère.

 

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Edelweiss (Leontopodium alpinum), étoile d'argent ou pied de lion 

 

      Une des plantes emblématiques des Alpes. L’ensemble de la plante est couvert d’une très abondante pilosité blanche. Impossible à confondre avec une autre espèce. Se rencontre dans les pelouses, rocailles et pâturages, de préférence sur sols calcaires ou schisteux

 

seolane

La vallée de l'Ubaye vue du col de Séolane

 

Parcours de notre rando de 3 jours en Haute-Provence

parcoursestrop

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Commenter cet article

CYCLOHC 04/08/2011 16:48


Félicitations pour votre superbe site. Enfin des gens qui savent randonner avec autre chose dans la tête que des chiffres (chronos, altitude, dénivelé etc...) tout en effectuant de superbes
parcours d'excellent niveau et en retenant les choses essentielles !!

Bravo, et merci pour vos photos et commentaires.


vélo-pépère 08/08/2011 00:08



Oui, le vélo et la marche, c'est le moyen de découvrir la nature et de partager des moments exceptionnels avec ses amis



BerCalva 03/01/2011 09:06


Bonjour et Bravo pour votre site et ses articles...
J'adhère à votre philo du voyage à pied, à vélo, à petits pas tranquilles et les yeux écarquillés...
Bons voyages 2011 à vous deux et au plaisir de vous revisiter sur le Net
Bernard de Normandie... bernard.vaudry@orange.fr


vélo-pépère 04/01/2011 17:23



Merci pour ces encouragement très sympas. Nous avons en effet l'intention de poursuivre nos belles aventures en 2011, c'est trop bien !



Noëlle 19/09/2010 18:01


Superbe de lumière la photo de la linaire! Vous devriez éditer vos itinéraires dans Terre Sauvage: ils sont tout aussi bien détaillés et cartographiés!
Ps si pépère que ça la balade de trois jours avec le matériel à transporter ...


vélo-pépère 20/09/2010 08:16



Pour dire la vérité, nous avons eu mal au genoux pendant une bonne semaine, c'est notre point faible en montagne. Nous nous sommes achetés de magnifique batons de rando pour les prochaines
balades ...



Cyrille 08/09/2010 12:41


Et bien, c'est pas du vélo, mais çà roule quand même.

Tu avais un appareil photo spécial pour prendre l'Apollon ?

D'ailleurs il manque un Apollon dans ces images... qui est derrière l'appareil !


vélo-pépère 08/09/2010 13:13



C'est un petit pocket très performant (Lumix LX3), il faut simplement s'approcher très près de l'apollon, ce qui demande un peu de chance. Le photographe, c'est Jean-Michel Faton, comme pour les
photos des libellules.


Merci d'avoir apprécié ces quelques images et j'espère que nous reprendrons prochainement nos vélos !